17 november 2014

Premier site de distribution de GNL public en Belgique

Sur le site de l’entreprise logistique ADPO à Kallo, a été construit le premier site de distribution de GNL en Belgique. Le gaz naturel liquéfié est généralement considéré comme étant l’alternative économique et propre en matière de carburant pour le secteur du transport.
Le site fait partie de LNG Blue Corridors, un projet soutenu par la Commission européenne. Le but est, à terme, de réaliser un réseau de 14 sites de distribution de GNL dans toute l’Europe.

Une densité plus élevée que le CNG
GNL est l’abréviation de Gaz Naturel Liquéfié (LNG ou Liquefied Natural Gas en anglais). Le gaz naturel se liquéfie à une température de -162 °C. Sous forme liquéfiée, le gaz a une valeur énergétique
plus élevée que sous forme gazeuse (GNV est l’abréviation de Gaz Naturel pour Véhicules, ou CNG en anglais). Le CNG est comprimé à l’aide d’un compresseur jusqu’à une pression d’environ 200 bars dans les véhicules. Un plein de CNG d’un volume de 5 litres équivaut à 1,8 litre de GNL. Pour le GNL, la densité est donc encore environ trois fois plus élevée.

Autonomie de plus de 1.000 km
Le GNL est acheminé en bateau vers les terminaux de Fluxys à entre autres Zeebruges, entre autres depuis le Qatar. Le gaz reste liquide grâce au maintien de l’isolation. La chaîne du froid ne peut donc pas être interrompue. Alors que le CNG peut également être utilisé pour les voitures et les camionnettes, le GNL a été développé en premier lieu pour le secteur du transport. Le gaz naturel liquéfié offre une autonomie de 1.000 à 1.200 km – une autonomie comparable à celle qu’offrent les véhicules diesel.


Pour les moyennes et longues distances
La zone industrielle de Kallo, dans le port d’Anvers, est un site idéal. « Le GNL, qui requiert une installation plus coûteuse que le CNG, est surtout rentable pour les camions qui parcourent de grandes distances. Pour les camions qui sont de temps en temps à l’arrêt pendant une période plus longue, le carburant est moins adapté. Du fait qu’il n’y a pas de refroidissement sur les réservoirs, le produit se sature et le gaz naturel devient plus chaud et donc plus gazeux. », raconte Philippe Desrumaux de Drive Systems, maître d'ouvrage. 

Isolation sous vide
Le gaz arrive sous forme liquéfiée dans des camions-citernes et est stocké dans la citerne isolée sous vide. Lorsqu’un véhicule fait le plein, le gaz est pompé depuis la citerne vers la pompe. Il s’agit de camions qui roulent en partie au diesel et en partie au gaz. À faible régime, le camion utilise du diesel, mais à régime plus élevé, le véhicule peut rouler au gaz. Ce qui est frappant, c’est qu’il y a deux connecteurs lorsque l’on fait le plein : il y a aussi un connecteur de retour, justement parce qu’il y a toujours une certaine pression et qu’il y a donc aussi du gaz (d’environ 5 à 6 bars) dans la citerne.

Nul besoin d’une piste étanche
« Du fait que le gaz naturel s’évapore, il n’y a pas de pistes étanches sur les sites de distribution de ce carburant. Dans la fosse située derrière le grillage, tout a cependant été étanchéifié. Dans l’éventualité d’une catastrophe, tout peut ainsi être récolté dans le réservoir tampon. On utilise des conduites en Cryoflex®. Du fait qu’elles sont sous vide, il n’y a aucune perte de froid. Les conduites de la citerne vers la pompe sont enfouies, mais sont toutefois faciles à atteindre via une grille, permettant une inspection à tout moment. De plus, on utilise des parois doubles et des détecteurs. Faire un plein de GNL, c’est clairement une façon sûre de s’approvisionner en carburant », explique Benoit Goesaert de Vandotec.

Moins cher que le diesel
L’année prochaine, il y a de fortes chances qu’un deuxième site de distribution de GNL de Drive Systems ouvre ses portes en Belgique. Un tel site requiert un important investissement. Pour une société de transport, la construction d’un site de distribution de GNL pour son propre parc de véhicules n’est presque pas réalisable. L’exception est Mattheeuws de Furnes, qui collabore avec Fluxys. La raison d’opter pour du GNL est le prix du carburant. Le gaz naturel est moins cher que le diesel. Il est vrai que l’investissement dans des camions roulant au GNL est un peu plus élevé que pour des versions classiques roulant au diesel, mais d’après Philippe Desrumaux et Benoit Goesaert, l’investissement peut être amorti en trois ans.

Source: servicestation